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La verte Casamance Version imprimable Suggérer par mail

Si l’on faisait un peu d’histoire de la Casamance


 

L’histoire de la Casamance est riche et diverse. Au cour de son évolution, l’histoire de la Casamance a touché à  plusieurs civilisations étrangères. Tout a commencé en 1645 avec les Portugais à la recherche d’esclaves. Ils installent un comptoir à Ziguinchor qui était un village habité par les « Bainounk ». Les Français étaient établis à partir de 1838 à Carabane, une île à l’embouchure du fleuve Casamance, avant d’en ouvrir un autre en 1838 en amont de Ziguinchor sur le fleuve à Sédhiou qui devient le chef-lieu des possessions françaises sur la rivière.

Ainsi, pour faciliter les transactions commerciales et le transport entre Carabane et Sédhiou, les français finirent par proposer aux portugais la cession de Ziguinchor qui intervient le 12 mai 1886, en échange de territoires situés au sud de la Guinée portugaise (Rio de Casini).

Mais ce n’est qu’en 1888 que les français viennent s’installer à Ziguinchor, plus accessible que Sédhiou.

Si la présence française a fini par se faire accepter en haute Casamance, il n’en a pas été de même

en Basse Casamance (région de Ziguinchor) où les français ont dû signer un traité de protectorat pas toujours respecté, tant étaient les actions de rébellion, et cela jusqu’en 1947.
Aline Sitoé Diatta sera cette figure de proue qui va marquer la résistance contre le Colon Blanc.
Née vers 1920 à Kabrousse, la « Dame de fer » a résisté au colonisateur français en demandant à ses concitoyens de refuser d’appliquer les ordres de l’envahisseur.

Cette résistance s’inscrit dans le contexte de la défaite française face à l’Allemagne en 1940. La France ruinée par la guerre procède à des réquisitions de vivres qui sont souvent des occasions de mauvais traitements exercés sur la population. Une grande idée de résistance et de combattre se développe alors dans la conscience des populations.

Cette année, Aline Sitoé Diatta avait seulement 20 ans et travaillait comme domestique à Ziguinchor puis à Dakar, la capitale du Sénégal. Elle va assister à une période très trouble du colonialisme. On peut citer le bombardement de Dakar par le Général De Gaulle, la ruine et le marasme économique de l’après-guerre. Aline Sitoé Diatta, qui sera impulsée par une révolte intérieure retourne en Casamance et va décider de cristalliser la résistance autour d’elle.
A Kabrousse, elle lance une opposition systématique à l’arbitrage colonial et aux intérêts économiques françaises au Sénégal. Elle va élaborer une doctrine basée sur les principes suivants :

  • Sur le plan religieux, elle se bat pour le retour aux croyances traditionnelles, l’égalité de tous devant Dieu sans discrimination raciale ou ethnique.
  • Sur le plan politique, elle brandit l’étendard de la révolte contre l’occupant français en réaffirmant le droit ancestral des noirs sur la terre d’Afrique.

Le 30 janvier 1943, elle se rend au Colonel Sajous, commandant de cercle de Ziguinchor pour éviter un bain de sang aux villageois.
Déportée au Mali, elle va mourir à Tombouctou le 28 mai 1944. la reine avait seulement 24 ans.

 

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